“... les mots justes, empreints d'une certaine poésie.”

Il ne faut pas négliger l'apport des malades eux-mêmes ni de nombreux artistes qui savent rendre tangibles et davantage compréhensibles les souffrances humaines. Le livre de Renée Charron s'inscrit tout à fait dans cette perspective. En plus d'être elle-même atteinte d'un trouble schizo-affectif, Renée est une auteure d'une grande sensibilité, qui sait trouver les mots justes, empreints d'une certaine poésie.

— La psychiatre Lucie Fortin, dans sa préface.

“Surtout, que mon fils ne se doute de rien. Surtout lui.”

Depuis quelques semaines, je gardais en moi un secret. Je ne pouvais le dévoiler à personne, sinon cette personne pourrait mourir. Cette chose que je savais, cette information que j’étais la seule à posséder, enlevait à ma vie toute magie, tout bonheur, toute spontanéité. J’étais morte à l’intérieur. Mais quand mon fils de 10 ans arrivait de l’école, je faisais comme si j’étais une femme normale et je lui demandais ce que toutes les mères demandent à leurs enfants : « As-tu passé une belle journée? As-tu beaucoup de devoirs aujourd’hui? »

Surtout, que mon fils ne se doute de rien. Surtout lui.

— Renée Charron, extrait d'un délire.


 
"La traversée de la schizophrénie a été une épreuve du feu, et je me serais volontiers passée de cette souffrance, mais elle a aussi guéri mon esprit. Je n'ai pas seulement survécu, j'ai grandi. J'ai vaincu plus que la maladie physique, car ensuite c'est le bonheur qui est entré dans ma tête, et la joie d'être vivante, une humaine parmi les autres, et non à part."

— Renée Charron

 
 

Et eux, dans leur silence, me communiquaient leur amour...”

Tous ces gens, qui selon moi me voulaient du mal, étaient là, tournés vers moi, mais je ne voulais pas leur demander de sortir. À un moment, les voix se sont tues. Je me suis assise en tailleur et j’ai placé le rideau de mes cheveux devant mon visage, pour me protéger. À l’intérieur de cette « tente », je leur envoyais de l’amour, pour qu’ils comprennent que malgré leurs mauvaises intentions, je les aimais. Et eux, dans leur silence, me communiquaient leur amour, pour que je comprenne que malgré toutes mes idées erronées, ils m’aimaient.

— Renée Charron

“... le diagnostic lourd à porter...”

Un autre préjugé qui rend le diagnostic lourd à porter est celui qui décrit la personne atteinte comme étant dangereuse. J'ai voulu aider à détruire ce préjugé, alors j'ai demandé à ma psychiatre de m'aider à le faire, et elle m'a dessiné cette image: "Si vous marchez dans la rue et qu'à gauche se trouvent 100 personnes atteintes de schizophrénie tandis qu'à droite se trouvent 100 personnes non atteintes, eh bien, allez marcher du côté des personnes schizophrènes, vous aurez moins de risques d'être attaquée!

— Renée Charron

 

“... j'ai franchi les limites de l'univers connu...”

Ce délire, le plus long, a duré presque un an et demi. Un an et demi pendant lequel j'ai franchi les limites de l'univers connu, j'ai dépassé le temps, j'ai vécu des splendeurs divines et de sombres terreurs...

Mais pour l'observateur objectif, je n'ai pas quitté ma petite maison sous les arbres.

— Renée Charron

“... la base du véritable amour de soi...”

Le fait de développer un regard différent sur les rondeurs et de s'ouvrir à une nouvelles façon de les considérer est un grand pas en avant. Trouver ces rondeurs belles, oui! Cependant, ne plus croire qu'il faut absolument être belle pour recevoir amour et respect est très libérateur, et c'est même, pour moi, la base de ce véritable amour de soi - et des autres. 

— Renée Charron, au sujet des rondeurs que lui a donné la prise des antipsychotiques.


 

En vente dans toutes les librairies.